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Blowin'in the wind



La poussière s'est figée sur la frontière, coll dels Belitres, entre Portbou et Cerbère. Le col des voleurs et des siècles durant, le point de fuite des contrebandiers.

Et puis quelque 100 000 réfugiés républicains espagnols fuyant la vermine franquiste. Lourdes valises que l'on abandonne, mains gelées et enfants à bout de bras, chaussures à l'os. Voyez ces âmes fantomatiques en exil, ces milliers de vies à refaire passant en ces lieux et guidées de loin par le point lumineux du phare de Cerbère ... ce fameux chien à 3 têtes gardien de la porte des enfers, tu parles d'un accueil !

Un ultime cliquetis de clés sur le passé.


Il y a 30 ans, on a tiré la grille, un ultime cliquetis de clés sur le passé. La route libérée, la frontière réduite à n'être plus qu'un trait sur une carte à ce qu'on disait. Le poste n'a jamais bougé, cuit par les étés, figé par les hivers, tagué par les anarstreet-artistes de l'internationale ! Les passages en famille le dimanche, les traffics de tout ordre et désordre, la glace et les pipas tout en achetant une bricole de souvenir de vacances, les années d'ennui noir couleur tampon des douaniers déprimés ... On ressent tout ça là-haut, dans le vent et dans le ventre, face à ces vestiges momifiés dans l'alcôve de ce grand virage. Petit face aux histoires que le col nous siffle dans l'air, petit face à l'histoire.